"ce n'est pas mon combat"

Je m'adresse aux hommes ici (à ceux qui s'identifient comme tels). Autant se le dire, ça risque de frotter un peu. Mais du frottement naît l'étincelle il parait ;-)

"ce n'est pas mon combat"

Avant d'attaquer, je voudrais dire deux mots aux hommes, principalement, qui vont lire ce papier.

Vous dire d'abord que je suis désolée pour vous. Sans ironie. Je suis désolée que vous héritiez d'une telle situation, c'est vrai que ce n'est pas juste. Et j'ai par ailleurs bien conscience que vous n'êtes pas personnellement responsable de la façon dont notre société est aujourd'hui structurée et fonctionne. Vous "prenez", c'est vrai, pour les longues lignées d'hommes qui sont passés avant vous et dont on sent encore lourdement la présence aujourd'hui. Donc voilà, déjà et avec cœur: I feel you.

Cela dit, il faut malgré tout dire les choses comme elles sont. Alors s'il vous plait, ouvrez votre cœur et votre esprit pour simplement constater ce qui est. A ce stade, ne pas le reconnaître serait faire preuve de mauvaise foi intellectuelle et empirique et là en revanche, I feel you plus du tout.

Enfin et ici je m'adresse à toustes: par praticité et pour dérouler le fil de ma pensée je vais parler par grandes catégories, les femmes et les hommes. J'ai bien conscience que la binarité n'englobe pas le tout du réel et j'ai à l'esprit que toutes les femmes ne sont pas comme ci et que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ne serait-ce que parce que je connais des femmes qui ne sont pas comme ci et des hommes qui ne sont pas comme ça ;)

N'en soyez pas fâché.e, je ne parlerai pas des nuances, des exceptions, des marges,... je reconnais ici leur existence et les en remercie (heureusement que nous ne sommes pas toustes pareil.les!). Mais ce que j'explore dans cet article ce sont les grandes lignes, les grandes tendances, celles qui ont imprimé leur marque et habitent encore nos imaginaires.

Ces premiers éléments étant posés, on peut y aller.

Le Vivant, un truc de nanas?

Est-ce parce que la déesse mère, Gaïa, est une femme? Est-ce parce que l'on parle de la Terre Mère ou de Mère Nature... ?

Toujours est-il que - et cela pourra heurter certains féminismes - je suis personnellement convaincue que les femmes dans une large majorité, ont en effet un lien particulier à la Vie. Elles ont, nous avons, vous avez, une sensibilité, une attention, une précaution singulières quand il s'agit du Vivant.

Et ce n'est pas nouveau. Layne Redmond, dans son très bel ouvrage La femme tambour, fait même remonter cette relation unique entre le féminin et le Vivant à nos premiers temps:

"A l'aube de l'humanité, le sacré est féminin: une divinité de sexe féminin est servie par un clergé du même sexe. C'est à la terre, la Grande Mère des Origines, que les tout premiers rituels rendent hommage. Tout comme elle, le corps féminin offre une vie nouvelle, il est une incarnation de la divinité. L'être humain des premiers temps n'est pas séparé de son environnement: il se considère comme de la terre modelée en forme d'humain. Prendre soin de la terre, c'est prendre soin de soi. C'est à cela que servent les premiers rituels féminins: à préserver la sainteté de ce lien nourricier"

Bref le Vivant et le féminin c'est une longue histoire... Alors est-ce à dire que le soin du Vivant, le "care" comme on l'appelle aujourd'hui est de toutes façons une histoire de nanas? Les études montrent en effet que la santé, l'éducation, le soin des personnes âgées, des enfants, des personnes avec invalidités,... sont des territoires grandement occupés par des femmes.

D'ailleurs on parle d'écoféminisme. Les femmes se mobilisent bien davantage que les hommes sur ces questions qui ont trait au Vivant. Et je regroupe sous ce terme les discussions et combats liés au: féminisme, racisme, anti-colonialisme, anti-capitalisme, anti-spécisme (ne pas mettre les humains en haut d'une échelle de valeur, au-dessus des animaux non humains), ... parce que tous ces sujets atterrissent finalement au même endroit: il faut respecter la diversité, le droit d'exister pour tout ce qui est vivant et la responsabilité de parvenir à cohabiter avec tous ces êtres.

Que cela plaise ou non, ce discours, ce sont des femmes principalement qui le portent.

Alors l'écologie serait-elle une affaire de femmes? Un truc de bonne femme? S'intéresser à l'écologie serait-il mauvais pour la virilité? l'image de la masculinité? Ou est-ce parce que les femmes sont en première ligne des catastrophes écologiques qu'elles ont tendance à s'y intéresser de plus près...?

Quoiqu'il en soit, cette question est très importante il me semble, car elle met le doigt sur une asymétrie fondamentale: si ce sont les femmes qui défendent avidement le Vivant, ce sont les hommes qui le détruisent. Aveuglément. Systématiquement.

Je suis frappée par le réel

Tout ceci, tout ce que j'ai écrit plus haut, je le savais. Avant de lire Layne Redmond, avant de lire les articles que je mentionne, je le savais. Je le savais parce que je le voyais bien autour de moi. Donc jusque-là rien de neuf sous le soleil.

Mais ce qui m'a donné envie d'écrire cet article c'est la force de cette asymétrie et à quel point elle est encrée dans nos schémas de pensée à toutes et tous. Cette force m'a frappée, métaphoriquement mais très fortement, à l'occasion d'un échange musclé avec mon partenaire de vie.

Cet échange qui semblait anodin au départ au fond ne l'est pas et dit bien le seuil sur lequel nous sommes et qui impose aux hommes, oui aux hommes en particulier, de prendre position. Aïe. On va y revenir.

Mais l'échange tout d'abord. En deux mots et pour dresser le contexte:

nous avons une bande de copains historiques et dans cette bande, c'est clairement moi la (plus) pénible du groupe qui parle d'écologie, d'eau, de ressources, ... Dernier sujet en date, basculer notre groupe de messagerie instantanée du leader à la bulle vert vers TREEBAL qui est une boite certes privée (oui je la cite et non je ne suis pas payée pour le faire), mais en France donc soumise aux règles EU, qui plante des arbres, ne collecte pas nos données, etc. Après avoir un peu insisté, toute la troupe bascule.

Et c'est là qu'on arrive au point chaud de la conversation qui se passe en deux temps:

  1. je pose une question: pourquoi, alors que tous les concernés avaient déjà téléchargé cette application pour être dans notre groupe à toustes, la bande des gars n'avait pas fait la même bascule? et pourquoi toi mon chéri, tu ne lancerais pas le mouvement?
  2. j'obtiens une réponse: "parce que ce n'est pas mon combat, c'est ton truc ça"

Cette phrase, que j'avais déjà entendue (alors qu'il ne fait pas rien sur les sujets éco par ailleurs), m'a fait à cet instant le même effet que si je marchais sous la pluie et qu'un type dans une grosse bagnole passait trop près, trop vite, sans faire attention et m'éclaboussait salement. Bref je n'ai pas aimé.

Mais surtout, je n'ai pas compris.

Ou plus exactement: je n'ai pas aimé ce que j'ai compris.

Parce que j'ai alors compris que le Vivant, puisque que c'est bien de cela dont il s'agit, au fond, était effectivement intériorisé et considéré par les hommes comme un sujet de nanas qui ne les concernait pas vraiment. Pas de très près, voire pour certains, pas du tout.

Alors que précisément, l'état du monde est la conséquence de la domination masculine...! Ca, ça m'a mise en rogne.

La performance, un truc de mecs!

Oui, j'ai bien écrit domination masculine. Certes il y a des exceptions avec des femmes qui ont occupé des postes visibles et/ou de pouvoir, mais encore une fois, tendanciellement, ce sont des hommes.

Retour à La femme tambour. Le passage d'un d'équilibre niché dans les cycles et les interactions à une domination y est très clair:

"Il y a cinq mille ans environ, une nouvelle élite puissante vient sceller le destin de la Déesse. Marija Gimbutas et d'autres archéologues ont trouvé les traces de plusieurs incursions majeures de hordes de guerriers nomades dans l'Europe préhistorique. Ces envahisseurs, que l'on nomme tantôt Kourgans, Aryens ou Indo-Européens, débarquent au triple galop sur leurs chars, l'épée au poing. Les peuples paisibles de la Déesse ne sont pas de taille à résister"

Cette invasion originelle ne s'est jamais arrêtée. J'ai presque eu envie d'écrire "contamination" tellement ces hordes de dominants ont pris les rennes de tout, partout.

Quelle que soit la période considérée (Haute Egypte, Empire Byzantin, Empire Mongol, Grèce ou Rome Antique, ...), quel que soit l'endroit de la planète considéré, statistiquement ce sont des hommes qui ont occupé des positions de pouvoir et ont donc pris les décisions.

Aujourd'hui à bien des endroits, c'est encore le cas:

  • les responsables politiques nationaux : ce sont des hommes
  • les responsables politiques internationaux: ce sont des hommes
  • les responsables économiques: ce sont des hommes
  • les responsables media: ce sont des hommes
  • les responsables scientifiques et de recherche: ce sont des hommes
  • les artistes (danseurs, poètes, écrivains, philosophe, romancier, sculpteurs, musiciens,...) reconnus: des hommes
  • les architectes, ingénieurs, experts et consultants de renom: des hommes

Puisque depuis des siècles ce sont donc des hommes - de nouveau, pas QUE des hommes mais SURTOUT des hommes - qui ont pris les décisions, les points suivants doivent être mis à leur crédit. Voyez plutôt:

  • les guerres, guerres de religions, guerre froide, économiques ont été déclarées et menées par des hommes
  • la torture, les viols, le napalm, la bombe atomique,... autant d'ignobles moyens développés et actionnés par des hommes
  • l'esclavage, la colonisation, l'élevage intensif, les monocultures, les "sorcières" brûlées, camp de travail, de concentration, travail des enfants sont des systèmes pensés, mis en place et justifiés par des hommes
  • la surveillance, la compétition, la concurrence, la performance, l'idée que l' "homme est un loup pour l'homme" (T. Hobbes) ou qu'il faut nous rendre "comme maîtres et possesseurs de la nature" (R. Descartes),... des idées défendues par des hommes.

En bref, ce sont des hommes qui ont façonné la pensée, qui ont décidé des relations entre les personnes, des relations entre les états,... Ce sont des hommes (principalement blancs et occidentaux, mais c'est encore un autre sujet) qui ont modelé le monde tel qu'il est et ont arbitré - arbitrent toujours - entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas.

Ce sont des hommes qui ont dirigé la quasi totalité des champs de la société donc l'état du monde, sans appel possible, est le résultat des décisions des hommes et de leurs actions:

  • la pollution des eaux, de l'air, des sols et maintenant même du ciel étoilé;
  • l'extinction des espèces végétales et animales;
  • le sentiment généralisé que c'est le plus fort qui, parce qu'il le peut, impose sa volonté;
  • la prédation des sols, des eaux, des montagnes, des ressources dans leur ensemble;
  • les pistes de ski dans le désert, les trains de satellites dans l'espace, les forages de pétrole et exploration de terres rares au fond des océans;
  • l'accaparement des terres, du corps des femmes, des enfants, des fragiles;
  • les privations de liberté, la justice amputée ou à géométrie variable, les ultra ultra riches ignorant des ultra ultra pauvres,...

Voilà pourquoi ça m'a mise en rogne. Cela ne peut pas être les hommes qui détruisent en faisant fi de toute responsabilité, de tout bon sens et de toute sensibilité d'un côté et les femmes, de l'autre côté, qui font comme elles peuvent avec les moyens et marges de manœuvre réduites dont elles disposent pour contrebalancer, ramasser, essuyer, réparer, réconforter, lutter.

CE N'EST PAS JUSTE, PAS OK, PAS NORMAL. Parfois, à certains endroits, les hommes font autrement. Reste finalement à cranter et passer à l'échelle supérieure.

Messieurs, il faut prendre position

Si vous êtes toujours avec moi, prenons une pause et respirons. J'imagine qu'à ce stade vous pouvez ressentir l'une ou l'autre chose:

  1. le déni: vous vous dites que c'est n'importe quoi. Que cela ne s'est pas passé comme ça et d'ailleurs ça ne se passe toujours pas comme ça
  2. le rejet: vous êtes piqué, touché, vous n'aimez pas - et je le comprends - l'image que cela renvoie. C'est si pénible que cela vous fâche et vous n'avez pas envie de continuer la lecture
  3. "not all men": vous temporisez. Oui ok ce sont des bonhommes qui ont fait tout ça mais enfin, tous les hommes ne sont pas comme ça. D'ailleurs vous-mêmes, vous n'êtes pas comme ça, n'est-ce pas?

Ne vous fâchez pas, ne partez pas s'il vous plaît, accrochez-vous encore un peu car après le diagnostic, vient le remède!

Certain.es me diront (et m'ont déjà dit d'ailleurs) qu'il fallait être patiente, que les hommes allaient y venir à ce combat pour remettre le monde à l'endroit, les choses à leur juste place. Que c'est une question de temps.

Alors de la bienveillance et de la patience, certes. On nous biberonne à ça nous les femmes, et franchement on est plutôt douées dans l'ensemble pour prendre sur nous et être compréhensives. Personnellement, je suis d'ailleurs 100% pour la pédagogie et l'accompagnement si tant est que l'interlocuteur est de bonne foi et a envie de comprendre et d'évoluer. Reste que la question c'est un peu jusqu'à quand? Parce que là, ça urge!

Combien de temps devrons-nous attendre le réveil masculin (et non pas masculiniste au secours)? Comment l'encourager? Le provoquer? Parce que clairement on en a besoin:

Les femmes ont besoin des hommes pour réparer le monde qu'ils ont cassé

Trop accusateur? Ok, je reformule:

Les femmes ont besoin des hommes pour réparer le monde

Dans un monde où les femmes se rallument, donnent de la voix, portent des messages et engagent des actions partout, voilà une place de choix pour vous messieurs. Là réside la nouvelle masculinité, pour ceux qui se poseraient la question.

Devenez Gardiens du Vivant, protecteurs de la Vie sous toutes ses formes. Oui je sais, c'est osé. Faire attention au lieu de casser, chercher le compromis au lieu de taper sur la table, écouter plutôt qu'imposer, apaiser plutôt qu'aggraver... Cela demanderait des efforts et un sacré courage, un vrai truc de bonhomme en somme!

Je me moque un peu. Mais avec tendresse ça va. Sortir des oin-oin ce serait pas mal aussi, les femmes ne sont pas méchantes et vous n'êtes pas des victimes.

Si vous trouvez génial ce que j'ai listé plus haut, nous ne serons pas d'accord et lutterons sur le terrain des idées sans aucun doute. Mais si vous faites partie de cette équipe, plus grande qu'il n'y parait des "pas d'accord mais bon, c'est comme ça", alors là les zamis, il faut se bouger.

"Not all men" c'est intéressant mais clairement insuffisant. Cela m'inspire une échelle d'appréciation de l'engagement des hommes :

  • J'en n'ai rien à f... de tes trucs, je fais ma vie comme je veux, je veux gagner un max, voyager un max,... j'veux juste qu'on me f... la paix. = Niveau 0. Si c'est vous, ... bienvenue sur mon blog! Vous avez dû vous perdre mais je suis ravie de vous y voir! Restez un peu, sisi, vous verrez c'est pas si mal. J'aime bien celles et ceux qui ne me ressemblent pas ;)
  • Je ne suis pas un homme mauvais: je ne bats pas ma femme, je parle correctement à mes enfants, je ne laisse pas tourner le moteur pour rester au chaud ou au frais dans ma voiture, je ramasse les crottes de mon chien, je ne jette pas mon mégot par terre... la liste est longue... = Niveau 1, c'est le minimum requis pour se considérer civilisé et vivre en société. C'est de la politesse, du respect de l'autre, de la bienséance, bref le B.A.BA. Pas de quoi se flatter, nous aussi on fait ça et "de base", tout le monde devrait le faire. Vous n'aurez pas de médaille parce que vous savez vous comporter "comme il faut".
  • Je donne de la voix quand j'assiste à une violence faite à un autre être vivant (homme ou femme, jeune ou vieux, humain ou non humain ) = Niveau 2, bravo, vous prenez parti et vous mouillez. Vous sortez de l'observation passive ou du syndrome du cul tourné qui vous fait regarder ailleurs. Vous avez compris que oui c'est votre problème, oui c'est aussi votre combat, ne serait-ce parce que si c'était vous le Vivant malmené ou agressé, vous apprécieriez que quelqu'un.e s'interpose pour vous protéger.

Quelques situations pour vous inspirer:

  • un.e jeune se fait malmener en public: vous intervenez
  • quelqu'un.e se fait malmener par une bande en public: avec d'autres, vous intervenez
  • quelqu'un.e malmène son animal (chat, chien, cheval, cochon d'inde, fourmi domestique,...): vous intervenez
  • un homme parle mal à une femme...: vous intervenez
  • quelqu'un.e jette des choses qui n'ont rien à y faire dans la rivière, par la fenêtre, sur la plage,...: vous intervenez
  • quelqu'un.e casse des branches en forêt pour le plaisir: vous intervenez

Notre monde est tellement abîmé que vous croiserez de nombreuses situations qui vous donneront l'occasion de vous entraîner.

Certains cas de figure sont plus faciles que d'autres. Parfois on y arrive, parfois non. Mais on se remet en selle anyway, prêt pour la prochaine intervention.


Bref vous l'aurez compris messieurs: C'EST AUSSI VOTRE COMBAT parce que C'EST VOTRE MONDE, VOTRE PLANETE, VOTRE FAMILLE, VOS AMI.ES qui sont ou seront un jour concerné.es.

Pour tous ceux qui se questionnent sur leur place dans le monde, qui considèrent qu'être un homme au 21ème siècle c'est difficile, qui se sentent régulièrement attaqués sur leur virilité ou leur capacité à faire: voilà des dossiers sur lesquels vous pouvez être créatifs, novateurs, montrer la voie aux autres gars et les inspirer!

C'est non seulement aussi votre combat, mais c'est une occasion en or de faire le bon choix (protéger le Vivant c'est le BON choix, il n'y a pas de débat là-dessus), certain.es diraient d'être du bon côté de l'Histoire. De passer de colons à chevalier en quelques sortes, de participer à SAUVER tout ce qui peut, tout ce qui doit l'être.

Est-ce que ce n'est pas une bête de quête ça....? Franchement?

Voilà une nouvelle place possible, utile et bienvenue: prendre part à ce combat pour garder la Vie, cette fois avec et aux côtés des femmes.

Parce que ne pas faire partie du problème c'est pas mal, mais faire partie de la solution c'est carrément mieux, non?